Milie Coquille
l'escargotte qui semait du safran sur les étoiles.....

-Dis Milie ! ! pourquoi tu poudres les étoiles de safran ???
-Parce que, tu vois ! ! Il est grand temps de remettre... dans tout ça ! !
De la folie, de la couleur, des épices, il est grand temps de ré enchanter l'univers....

lundi 13 octobre 2014

Quand on se débarasse du (des) superflus...Ouf ! ! ! On arrive enfin à saisir l'essentiel ! ! !

En voici une belle, une très belle et très gourmande preuve ! ! !
Oh et puis le tout poudré de tendresse et de rose..... J'adore merci ma Passion

http://passion.table.jardin.over-blog.com/2014/10/demandez-le-programme.html#anchorComment


samedi 11 octobre 2014

Deuxième bout de conte........

 Lecteur ! !  La première partie...est sur le post en dessous.......


Deuxième bout de conte

....2 Juillet 1726... Plein cœur d'un après-midi lumineux, la nouvelle, plus rapide qu'une trainée de poudre a fait le tour du village. Mouze le sabotier et Muzine la discrète, viennent enfin d'avoir leur premier fils, après six filles superbes. Cette naissance est pure bénédiction. Pour eux bien sur, mais pour tout le village et ceux alentours. C'est que, le métier de sabotier ne se transmet que de père en fils et Mouze est le seul sabotier à des lieux à la ronde. C'est dire l'importance de cette naissance pour la communauté...Un pays sans sabots, c'est un pays qui ne peut travailler. Comment aller pieds nus dans la boue des labours de printemps, dans la caillasse coupante des sentes, dans la froidure de la neige ??? Et un pays qui ne peut travailler, c'est un pays qui se meure.....D'ailleurs aussitôt la nouvelle de l'arrivée du vigoureux nourrisson répandue, cloches et clochetons joyeux étourdissent la vallée....
Ainsi se passa, en pleine allégresse, la naissance de Perlin..... 

Personne ne pouvait à cet instant prévoir, personne...



2 juillet 1736, Mouze est inquiet. Depuis ses huit ans,  Perlin est en apprentissage avec lui, c'est un enfant superbe, joyeux, travailleur et tellement doué.... Ce qui inquiète Mouze, qui n'a jamais remis en cause un seul précepte de ses ainés, c'est, chez son petit, cette liberté, cette soif de différence, cette créativité si précoce et si dangereuse pour la transmission ancestrale d'un savoir faire qui ne doit pas dévier d'un seul coup de couteau à bois..... 
Il en a bien sur discuté avec l'enfant, ce dernier est fort ennuyé de ne pas satisfaire pleinement son père, alors il redouble d'attention mais c'est plus fort que lui, ses doigts s'échappent des modèles sobres et cossus de la transmission et inventent sans le vouloir des sabots légers, lisses et doux comme des pantoufles, mais le pire n'est pas là, le pire se sont les enjolivures, ses doigts inventent sur le sabot, des épis de blé, des rayons de lune, des gouttes de rosée....... Et en secret il rêve d'une tout autre matière ! ! !

Dans ce pays de pudeur où personne n'aime être en avant de l'autre c'est presque... oui presque un péché que l'ornement. Mouze n'a plus le choix, ce soir lors du repas, il devra annoncer qu'il prendra comme successeur, Erly le petit frère de Perlin, arrivé deux ans après lui. Son cœur se désespère déjà de la désillusion de Perlin qui a tant travaillé durant ces deux dernières années.... Mais que faire ??? Il n'a pas le droit de mettre en péril l'avenir de la communauté et personne, oh non personne n'oserait aller aux champs avec des sabots de princesse... Il imagine un instant les hommes du village avec des dentelles aux pieds et ne peut, malgré la gravité et les conséquences de la décision qu'il vient de prendre, s'empêcher de trouver cela totalement cocasse..... Mais définitivement improbable.

Le feu est joyeux, la soupe sur la table, l'ambiance chaleureuse et sereine, c'est le moment. Mouze prend une large goulée d'air, les mots qu'il va prononcer changeront à jamais cet équilibre et pourtant... Mais au moment de se lancer il entend la voix de Perlin...
"Père puis-je parler ?" Mouze surpris et coupé dans son élan acquiesce de la tête... "Vas-y petit, dis nous voir..."
Perlin semble terrorisé mais décidé, sa mère, ses sœurs et son frère n'osent plus bouger...
Ils sentent la gravité du moment....
"Père, Mère je vous aime au delà de tout, et ce que je m’apprête à vous dire va vous chagriner et vous décevoir, mais je ne peux pas, non je ne peux pas ne pas être sincère avec moi et avec vous... Alors voilà ! J'aime le bois mais il n'est pas fait pour moi et je ne suis pas fait pour lui. Ce dont je rêve, ce qui m'attire plus que tout.... ce sont les étoffes...J'ai longtemps refoulé cet attirance, j'ai lutté.... Mais rien n'y fait, je rêve nuit et jour de travailler les chanvres rugueux, les lins solides, les cotonnades tendres....."
Perlin à bout de souffle et de courage, osa alors un regard vers ses parents et là où il pensait trouver déception, chagrin et même colère... il ne vit qu'admiration et pur bonheur... Sa mère, sa mère qu'il aimait tant dit alors d'une voix remplie d'heureuses  larmes....
"C'est donc pour cela.....c'est merveilleux.... 
Tu es donc "L'Elu des Trois grains et demi"......
(à suivre).......

dimanche 5 octobre 2014

Il sera une fois.... premier bout. du premier conte réinventé ! !

 Premier bout de conte

16 septembre 1812, froid glacial, digne d'un jour de Noël...... 
Brouillard, bise, gelées matinales.
L'automne n'a pas eu la moindre chance, pas le moindre espace, il n'a eu aucune possibilité d'offrir sa splendeur et ses couleurs... La terre et ses hôtes n'ont pas eu de transition, d'adaptation.  L'or et le soleil d'un été torride ont brutalement disparu, cédant la place à un gris glacé.... Ciel, brume, fumées qui s'échappent trop tôt des cheminées, tout s'est paré de décoloré, laissant le monde frustré de la flamboyance automnale et inquiet du pourquoi de tout cela....

Au deux tiers de la rue Hortense un vieil homme prend appui sur un mur noir de misère. Le cœur, anéanti de peine et de fatigue, il sait qu'il ne pourra aller plus loin, qu'il n'ira pas au bout de sa mission. C'est une fin terrible, la plus terrible des fins de vie, car la transmission ne se fera pas. 
Faut dire que la vie ne l'a pas vraiment aidé et puis surtout il a trop tardé, il pensait tellement avoir le temps, on pense toujours avoir le temps. Il y a peu, il se sentait si fort encore, c'était quand déjà ??? Sa tête non plus ne fonctionne pas très bien. D'ailleurs, elle n'a de place que pour la déception, que pour le chagrin, que pour une seule chose... "L’échec", le terrible échec. Car malgré les années de travail parfaitement accompli, malgré ses milliers de réalisations qui ont pu perpétrer la magie sur terre......il a raté l'essentiel.... Il a raté le pourquoi de sa vie...et les générations futures vont payer cher, très cher cet incroyable loupé ! !